Archives pour la catégorie Cinema

Une vie sans regrets serait dérisoire

GrandMaster

The GrandMaster

Un film de Wong Kar-Wai d’avril 2013

Au-delà de la vie de Ip Man, futur mentor de Bruce Lee, et de la relation amoureuse impossible avec Gong ER, héritière de la technique des 64 mains, ce film est un monument esthétique d’une rare qualité. La nature est bouleversante, on y voit les saisons avec une extraordinaire vérité, tout comme les combats qui relèvent de l’art et pas seulement martial.

Je retiens que pour IP Man, le kung-fu se résume à deux concepts, vertical et horizontal, car seul celui qui reste debout est vainqueur.

Mais si j’écris cet article c’est surtout pour vous inviter à être attentif aux émotions et aux sentiments exprimés aussi bien dans les mots que dans les gestes ou les regards.

Je pense comme Gong Er que dire de sa vie qu’elle est sans regrets c’est se voiler la face et d’ailleurs :

« Une vie sans regrets serait dérisoire » !

Faire des choix c’est ce n’est pas le plus difficile, ce qui est difficile c’est de les assumer sans trop en souffrir…

 

 

 

 

Laissez entrer Eli dans votre vie !

morseeli.jpg

Morse est un film à voir et à réfléchir !
Il tient son titre du moyen de communication des deux ados, pour se parler d’appartement à appartement. Le titre original étant ; Let the right one in, laissez entrer le bon, c’est une référence au fait qu’un vampire ne pourrait rentrer dans une maison que si on l’y invite.

Si vous aimez Twilight, alors quels mots pour exprimer les émotions devant la romance froide et pure d’Eli, vampire désespérée et Oskar, ado complexé et souffre-douleur.
Ce film de Thomas Alfredson, son troisième, est sorti en 2008, il est tiré d’un roman, adapté (retravaillé) par l’écrivain lui-même pour le cinéma.
Nous sommes dans une ville de froid et de neige, où la lumière est discrète et les nuits diaphanes, Stockholm, mais si le lieu est envisageable, l’époque est indéterminée, hier, demain, tout semble figé dans une attente improbable.
Les seconds rôles sont très importants, ils apportent des pistes au spectateur et renouent avec le roman original, sans pour autant contraindre le sens. Le complice d’Eli n’est pas, par exemple, complètement défini, à la fois père et gardien, protecteur et bourreau…
Rien de spectaculaire dans ce film, sinon par touches impressionnistes, qui construisent un tableau sans ouate, de la vie dramatique de cette « jeune » fille qui doit se nourrir de sang pour survivre, sans y prendre de plaisir, simplement comme on porte un fardeau.
Cette difficulté n’est pas sans évoquer la métamorphose de la femme, le sang qui rythme son quotidien, tandis que le garçon s’éternise dans une enfance sans repères. Ce qui manque le plus à Oskar c’est un but, une définition de lui-même. Elle souffre de son identité, il est malade de sa banalité, leurs difficultés s’annulent en se rencontrant. Pas de sexualité, mais une émotion naissante, leur relation grandira avec eux, si leur destin est de se trouver sans se perdre.
Des silences comme dialogues, des mots-phrases comme dans le prélangage, car Eli et Oskar débutent vraiment dans leur existence, leur rencontre est une re-naissance.
Que dire de la musique composée par Johan Söderqvist ? Un pur moment d’apesanteur, des thèmes harmonieusement mêles « de et au » silence. L’intimité de la musique, comme un écho des troubles intérieurs de nos deux héros, certains pensent que Söderqvist a été inspiré par la musique de Gabriel Fauré, si vous écoutez sa célèbre Pavane, on peut y retrouver une ambiance, une subtilité mélodieuse, une lenteur à l’écoute des élans du coeur. Je ferai remarquer en clin d’oeil, que Ravel a composé aussi une Pavane pour une Infante défunte, ici il s’agit d’un enfant condamné à survivre à sa mort, mais Eli est aussi une princesse (dans notre imaginaire au moins).
Je terminerai par l’importance donnée par le réalisateur aux regards (en particulier celui de Lina Leandersson), ils sont essentiels, car ils expriment l’intégralité de l’être, au-delà de ce qu’il peut dire…

Secondes life pour Bree Tanner

En exclusivité pour Quidelombre, les dernières pensées de Bree Tanner.

breetannerquidelombre.jpg

Mes secondes lifes

  • Fin de conscience pour Bree Tanner
  • Je suis morte je le sais!
    Mais un reste de conscience est encore actif en moi, pour quelques secondes.
    _ Ne regarde pas! L’écho de sa voix me parle encore.
    Pourquoi regarderais-je cette fin de vie. Si j’ai fermé les yeux, ce n’est pas par peur, c’est seulement par désespoir. Je ne voulais pas affronter cette existence possible, posée là devant moi. Cette réalité entrevue dans le regard de ces vampires aux yeux jaunes.
    Cette fille, cette odeur pleine de promesses qui semblait fasciner ce garçon capable de lire en moi.
    Eux avaient réussi, où j’avais eu deux chances de ne pas échouer.
    D’abord avec Diego, dans notre refuge. Nous avons choisi d’être fidèles à Riley, au lieu de vivre notre nouvelle liberté en plein jour.
    Et puis surtout, je savais au fond de moi qu’Elle avait tué Diego, j’aurais dû suivre Fred dans sa fuite. Nous nous serions cachés dans un premier temps, nous aurions appris à contrôler notre soif. Nous serions devenus non pas invisibles, mais seulement différents.
    _ Bonne chance, Bree.
    Ce sont les mots que j’ai entendu de sa bouche, alors que j’engageais les derniers moments de ma seconde et courte vie.
    Je sens cette fois que ma vie est éteinte, il y a de l’amour autour de moi, mais décidément je n’étais pas faite pour ces mondes, ni pour l’ancien, ni pour le nouveau, à peine entrevu…

    Rourke est un grand acteur mais surtout une une belle âme!

    thewrestler4photos.jpg

    The Wrestler,
    Un film de Darren Aronofsky, 2008.
    J’ai vraiment apprécié et je suis encore sous le choc, à la fois du film et de la performance de Mickey Rourke.
    « Avez-vous déjà vu un chien qui traîne dans la rue sur une patte? Si c’est le cas, vous m’avez déjà vu » , c’est ainsi que Rourke se définit, même si dans ce film, il trouve que le lien entre lui et Randy Robinson, « the Ram, le Bélier », est assez évident, mais il n’est cependant plus ce « looser » qui cherche en vain à se pardonner et à se faire pardonner des hontes et des actes manqués. La relation difficile à sa fille dans le film (Stéphanie) et avec cette danseuse si partagée (Pam/Cassidy) qui pourrait bien représenter sa dernière chance, sont les cordes de son ring personnel.
    Un film fort en émotions, qui nous fait vivre le destin d’une star du catch qui vit dans son passé et tente de le faire revivre au présent. La maladie ne lui laisse en apparence pas de chance, et pourtant il continue sa route comme si au bout la mort ne l’attendait pas déjà.
    Rourke a vraiment « travaillé » son rôle, en particulier l’aspect professionnel du Catch, pour un homme familier de boxe c’était d’abord tirer un trait sur des attitudes, des préjugés aussi.
    On ne peut pas oublier de mentionner la musique du film, au-delà du morceau final, offert par son ami Bruce Springsteen, il y a des titres des groupes de Hard des années 80, en particulier le Metal Health de Quiet Riot, ou le Balls to the wall d’Accept.
    A noter que tous les producteurs ne voulaient pas de Rourke pour le rôle, le nom de Nicolas Cage a un temps circulé, puis Rourke s’est imposé avec évidence et succès.
    C’est en substance une performance d’acteur incroyable, tant sportive qu’artistique. Rourke est émouvant, son physique est un parcours du combattant dont il sort ici plus digne et plus humain. Chaque cicatrice est un morceau du passé qui sublime sa réalité…

    1234


    La Voie Lactée |
    Aimé Comoé |
    Les Poétiques Littérales |
    Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | A L'OMBRE DE MES NUITS...
    | Red Spirit
    | Académie Renée Vivien