Archives pour la catégorie Philosophie

Gravité

Gravité
Tu tombes bien, mieux que l’homme qui se fâche
Tu lestes notre existence, tu l’emportes au tréfonds
Comme une étoile noire qui aspire sans relâche
Le suc créé de l’existence pour un voyage en Oblivion.
Vous pouvez manquer au temps
À son rendez-vous, jouer l’absent
Chercher à en gagner
En refusant de l’affronter
Mais lui ne sera jamais pris à défaut, les fourches caudines
Ou la faux, peu importe le bois ou la couleur de l’échafaud
Le sang du condamné est toujours une pluie fine
Qui goutte des planches bien après le grand saut
Vous ne pouvez échapper au temps
Seulement vous en saisir dans l’instant
Suivre le cocher du Kairos, son alter, et go !

Lestemps
Dans ses pas, danser avec le chaos
Gravité
Sema soma, disait le sage

 

 

Les fleurs de Clara Luciani

Les Fleurs

Les fleurs

La beauté est indicible, presque ineffable. Pourquoi et comment mettre en mots une réalité qui vaut par elle-même, qui n’a pas besoin de nous, de notre regard pour exister. Ainsi devant l’expérience esthétique, chacun cherchant à en rendre compte, s’en éloigne nécessairement, inéluctablement.

Si la beauté touche les sens au cœur de l’être, le beau lui (davantage culturel) rencontre l’esprit. On peut définir, codifier le beau, il est culturel, mais la beauté est insaisissable, ce serait vouloir toucher les cornes de l’escargot.

C’est ce que je croyais, jusqu’à la chanson de Clara Luciani, les Fleurs.

Si vous l’écoutez attentivement, vous ferez comme moi l’expérience troublante d’une évidence muette, d’une vérité précieuse. Elle met en mots, en musique, en bouche, le percept de l’émotion esthétique, elle parvient à nous le faire partager, à le faire « vibre » comme personne.

Envier la beauté muette des fleurs, car nous cherchons vainement le salut, le sauvetage de l’instant, mission impossible, sinon par la poésie, mais au prix du sens.

Avec Clara, c’est la vie silencieuse de la « Nature morte » qui nous montre le chemin d’une plénitude qui emporte avec elle notre inquiétude ontologique.

Merci pour ces moments magiques répétés à l’envi !

Aïon, Chronos, Kairos

Bientôt la rentrée… et si on prenait la mesure du temps en poésie!

Aïon, Chronos et Kairos

 

Le Chronos Maître est volubile

Il nous saisit à la gorge

Pas de répit pour l’immobile

Le chemin de ta main est la forge

 

Si à l’Aïon, je me réfère

Je ne fais qu’un avec le tout

Plus de conscience, pas même floue

Seulement le temps des terres

 

Alors je fais route à mon Kairos

Je me décide d’agir enfin

Je me saisis de l’instinct

Et construis l’instant véloce

 

 

Frédéric Amiet

Esthétique hégélienne

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Nature morte, école hollandaise du XVII ème siècle

 

Extrait de l’Esthétique de Hegel 1835.

Le contenu peut être tout à fait indifférent et ne présenter pour nous, dans la vie ordinaire, en dehors de sa représentation artistique, qu’un intérêt momentané. C’est ainsi, par exemple, que la peinture hollandaise a su recréer les apparences fugitives de la nature et en tirer mille et mille effets. Velours, éclats de métaux, lumière, chevaux, soldats, vieilles femmes, paysans répandant autour d’eux la fumée de leurs pipes…
Au lieu d’une laine, d’une soie réelles, de cheveux, de verres, de viandes et de métaux réels, nous ne voyons en effet que des couleurs, à la place de dimensions totales dont la nature a besoin pour se manifester nous ne voyons qu’une simple surface, et, cependant, l’impression que nous laissent ces objets peints est la même que celle que nous recevrions si nous nous trouvions en présence de leurs répliques réelles…
Grâce à cette idéalité, l’art imprime une valeur à des objets insignifiants en soi et que, malgré leur insignifiance, il fixe pour lui en en faisant son but et en attirant notre attention sur des choses qui, sans lui, nous échappaient complètement. L’art remplit le même rôle par rapport au temps et, ici encore, il agit en idéalisant. Il rend durable ce qui, à l’état naturel, n’est que fugitif et passager ; qu’il s’agisse d’un sourire instantané, d’une rapide contraction sarcastique de la bouche, ou de manifestations à peine perceptibles de la vie spirituelle de l’homme, ainsi que d’accidents et d’événements qui vont et viennent, qui sont là pendant un moment pour être oubliés aussitôt, tout cela l’art l’arrache à l’existence périssable et évanescente, se montrant en cela encore supérieur à la nature.

Dans ce texte Hegel ne revient pas directement sur son refus de l’art comme imitation, plate et stérile de la nature. En effet imiter la nature c’est la dénaturer, c’est échouer nécessairement et surtout c’est perdre son temps.

Les dessins n’auront jamais le parfum des fleurs et les statues la vitalité dynamique des naïades.

L’échec et le ridicule guettent l’artiste qui se perdrait sur le chemin d’un art authentique. Indirectement Hegel y revient cependant en utilisant le terme de « réplique » et celui « d’impression ». Le paradoxe se constitue dans un retour à la nature qui passe par la médiation de l’esprit.

 Le terme le plus important de cet extrait étant « l’idéalité » que l’art permet d’ajouter à la réalité. En un mot l’artiste ne peint pas le monde, il le pense. Il s’agit de mettre en idées le monde comme certains mettent en musique leurs émotions.

L’insiginfiant devient édifiant.

Aussi le spectateur de l’art n’est pas seulement devant un tableau, il est devant un regard, une pensée, une culture, un moment singulier de l’activité de l’esprit face au monde.

Hegel d’ailleurs complète la finalité de l’art dans le rapport au temps. Ce qu’il saisit demeure pour l’éternité au-delà de l’éphémèrité du vivant.

En allemand les Nature mortes se disent vie silencieuse… Allez voir les articles sur la peinture hollandaise  sur le site du Musée du Louvre

 Ainsi les Tournesols ne seront jamais fanés mais ils ne seront jamais ailleurs que dans les champs de la conscience et du regard.

Si Mona Lisa nous intéresse ce n’est pas son sourire qui nous arrête mais son attitude, le mystère qu’elle porte en elle et qui fait parler l’humanité.

 L’artiste doit imiter le geste créateur, il doit penser le monde, sa tentation au réalisme est prétentieuse.

L’argumentation de Hegel nous conduit aux portes de l’hyperréalisme et de l’impressionnisme. Le Réel est dans l’oeuvre de l’artiste davantage que dans la réalité du monde.

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